Gaza : rencontre avec Eyad Sarraj et Mona Abu Ramadan

Eyad Sarraj est psychiatre; c’est un homme indépendant qui a toujours dit aux dirigeants du Fatah ce qu’il pensait et qui ne se prive pas de critiquer le Hamas.

Il écrit et milite pour les droits de l’homme et pour une paix juste entre Israéliens et Palestiniens. Par le biais de son ONG, le « Gaza Mental Health », il essaie de soutenir les enfants et les adultes qui souffrent du « post trauma syndrom », de la peur et de l’angoisse suite aux attaques répétées de l’armée israélienne.
Il me raconte avec dignité les enfants qui mouillent leur lit, qui deviennent violents. La misère, le chômage, les violences domestiques et tout ce qui résulte de l’enfermement, de la guerre, des bombardements.

Malgré les efforts de l’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens et d’autres ONG humanitaires, beaucoup d’enfants souffrent de malnutrition, ne grandissent pas suffisamment.

Mon amie, Mona Abu Ramadan anime une de ces ONG, ANERA, qui distribue quotidiennement des biscuits vitaminés et du lait aux enfants. Elle m’emmène visiter la Al Mathaf recreational  cultural House, un petit musée ouvert récemment et qui réunit des objets et des sculptures dont certaines datent de la lointaine Antiquité, montrant le rôle que Gaza a joué à cette époque.

Une magnifique terrasse et un restaurant complètent l’ensemble qui se trouve en bord de mer. Mona m’explique que celui qui a réalisé ce musée veut prouver que les Palestiniens sont un peuple qui a une histoire et une culture.

Elle me raconte aussi les cauchemars qui la réveillent chaque nuit depuis l’intervention israélienne. Elle me dit que cette guerre a été fondamentalement différente de toutes les autres interventions qu’elle a connues; elle me raconte les violences et les actes brutaux des soldats israéliens.

La propriété que possédait sa famille au Nord de la Bande de Gaza a été utilisée par l’armée israélienne comme base. Il ne reste rien debout. Les soldats ont uriné et déféqué partout, jusque dans les armoires. Ils n’ont rien laissé intact.

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