J’avais accepté depuis plusieurs mois de donner une conférence à l’Institut des Hautes Etudes de Management (HEM) à Casablanca.
Campagne électorale oblige ; j’ai voulu annuler mon voyage. Devant la déception des organisateurs,   je me suis résolue à y aller pour 36 heures et je ne l’ai pas regretté !

Institut des Hautes Etudes de Management (HEM)

HEM  est une haute école de management privée d’excellent niveau.
Hassan Fnine ; directeur de la communication est un homme dynamique et créatif.
Les étudiants baignent dans une atmosphère d’ouverture ; on y aborde les questions éthiques, des problèmes d’actualité. On y débat de tout, y compris de la religion.
Outre les cours, HEM a mis sur pied « une université citoyenne », gratuite et ouverte au public, avec un programme de conférences extrêmement riche.
C’est dans ce cadre que j’intervenais.

J’avais proposé de parler du projet que j’ai initié et qui est géré par Amazone, le Centre de ressources pour les ONG de femmes en Belgique : le projet « Femmes et Sociétés en Transition », qui développe des échanges entre femmes marocaines, belges, iraniennes et turques.
Je me suis retrouvée devant un public d’environ 250 personnes, et…. beaucoup d’hommes.

J’y ai rencontré plusieurs enseignants de haut niveau.

Au même moment, se tenait dans les locaux de HEM une réunion d’experts dans le domaine économique et financiers ; ce groupe se retrouve plusieurs fois par an pour ne session de brainstorming et publie les résultats de ses discussions dans…

Les filles: plus travailleuses?

Hassan Fnine et son équipe m’ont emmené dans une des salles de HEM où se déroulait un concours : une simulation d’un jeu de   ; des dizaines de lycéens d’écoles de toute la région y participaient par groupes de 4, avec un/e mentor, étudiant/e de première année à l’institut.
Les filles y étaient majoritaires.
Nous avons demandé à plusieurs d’entre elles comment il se faisait que les filles étaient plus nombreuses à avoir été sélectionnées pour ce concours. La réponse fut unanime : les filles sont plus travailleuses et réussissent mieux que les garçons. Elles placent leur avenir professionnel en priorité car c’est pour elles une question de réalisation d’elles-mêmes, d’indépendance.
En parlant avec elles, je ne pouvais m’empêcher de penser à une rencontre similaire que j’avais faite avec des lycéennes dans un quartier pauvre de Téhéran. Elles parlaient toutes un anglais impeccable et en réponse à nos questions sur leur avenir, elles envisageaient de devenir astrophysiciennes, chimistes, chercheuses !

Le Maroc, un pays qui bouge

Pour moi, de tous les pays musulmans du Sud de la Méditerranée, le Maroc bouge le plus ; la liberté d’expression est grande. Les femmes y progressent plus que partout ailleurs : la réforme du Code de la Famille votée en 2004, le droit pour les femmes de transmettre la nationalité, la levée des réserves sur la Convention CEDAW (Convention pour l’Elimination des Discriminations à l’égard des Femmes ) constituent une véritable révolution culturelle et font du Maroc un des pays les plus avancés dans ce domaine. Dans quel pays de la région, peut-on imaginer que se tienne un débat (à HEM) en vue des élections (municipales) dans lequel participent les représentants de tous les partis politiques en lice ?

J’écris ce compte-rendu depuis l’avion qui me ramène à Bruxelles avant la dernière ligne droite vers les élections.

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